Il est de bon ton de fustiger les revenus du capital qui seraient immoraux, et de les opposer aux revenus du travail nécessairement vertueux.

Certes, les revenus du travail sont fortement taxés, et cela sera probablement le sujet d'un article futur. Mais pour l'instant, restons-en aux revenus financiers. Quoi de commun entre l'actionnaire familial, le "petit actionnaire" individuel, et l'institution financière ?

Il me semble qu'il n'y a rien de choquant à ce que le fondateur d'une entreprise et ses héritiers touchent des revenus, même élevés, de l'investissement financier et humain dans leur activité. Créer une entreprise, qu'il s'agisse d'un commerce ou d'une PME industrielle ou de services finissant par être cotée en bourse, nécessite de prendre des risques sur son capital et d'investir une énergie et un temps considérable pour espérer réussir. Ceci sans aucune garantie d'avenir.

L'épargnant individuel prend aussi des risques sur son capital. Si certains ont réussi à se constituer ainsi des petites fortunes, ils restent rares. Sur les dix dernières années, compte tenu de l'évolution de la bourse, il a eu plus de chances de perdre que de gagner.

Ainsi, un actionnaire ayant investi chaque début janvier ses économies de l'année précédente constate actuellement des pertes pouvant aller de 7 à 45% selon l'année de placement. Seuls ceux ayant investi début 2003 sont légèrement gagnants. Ceci sans tenir compte des dividendes, mais toutes les sociétés n'en distribuent pas.

Or, si les pertes sont fiscalement reportables, elles restent intégralement à la charge de l'actionnaire si aucun gain futur n'est enregistré. Tandis que les plus-values sont taxées à 30,1%, avec certes des possibilités de défiscalisation comme le PEA ou en cas de conservation sur une longue durée.

Le cas des fonds de pension ainsi que d'autres investisseurs institutionnels est différent, et mériterait peut-être des règles de taxation spécifiques. Ces fonds investissent en effet pour obtenir un rendement élevé à court-terme au détriment de la pérennité de l'entreprise et des emplois. Ils ne cherchent pas à construire mais à rentabiliser.

Certains fonds agressifs n'hésitent pas à peser sur les cours de bourse, comme cela a été constaté lors de certaines privatisations (EDF en particulier). Par des ventes à découvert, ils font ainsi artificiellement baisser les cours, détruisant de la valeur pour s'assurer un gain facile.

La finance n'est ainsi plus un instrument au service de l'économie, bien au contraire c'est l'économie qui se retrouve au service de la finance, pour le seul profit de quelques prédateurs et de nombre d'intermédiaires.

Samedi 19 septembre 2009 6 19 /09 /Sep /2009 12:57
- Publié dans : Bourse
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